Table des matières
L’essentiel
À seulement deux heures de Tokyo, l’île d’Izu Oshima est un monde à part, dominé par le volcan Mihara et ses paysages de lave noire. Entre randonnées au bord du cratère, sources thermales et mer cristalline, cette île offre une échappée sauvage et authentique que peu de voyageurs connaissent. C’est le secret le mieux gardé de la baie de Tokyo.
À peine sortie du port de Takeshiba, la silhouette fumante du mont Mihara se dessine à l’horizon. L’île d’Izu Oshima, la plus grande des îles Izu, appartient administrativement à la préfecture de Tokyo tout en semblant appartenir à un autre monde. Ses côtes déchiquetées, ses forêts de camélias et ses coulées de lave refroidies racontent des millénaires d’activité volcanique intense.
L’île s’étend sur environ 91 km² et compte quelque 7 500 habitants, dont beaucoup vivent encore de la pêche et de l’agriculture. Le contraste est saisissant : à deux heures de la mégalopole la plus peuplée du monde, on roule à vélo sur des routes bordées de fleurs, on trempe les pieds dans des onsen face à l’Océan Pacifique et on observe un cratère actif depuis son bord.
Ce qui rend Izu Oshima véritablement unique :
- Un volcan actif accessible à pied, avec vue sur le mont Fuji par temps clair
- Un désert de lave noire, l’Ura-Sabaku, paysage quasi lunaire au cœur de l’île
- Des sources thermales naturelles directement sur le littoral
- Une floraison de camélias spectaculaire de janvier à avril
- Des eaux transparentes propices à la plongée sous-marine
Izu Oshima est une destination qui se mérite un peu — il faut prendre le ferry ou l’avion — mais qui récompense largement l’effort par une authenticité rare et des paysages inoubliables.
Infos pratiques
| 💰 Budget | €€ |
| 📅 Meilleure période | Janvier à avril (camélias) et mai à octobre (mer et randonnées) |
| ⏱️ Durée recommandée | 2 à 3 jours |
| 🗣️ Langue | Japonais (quelques notions d’anglais chez certains habitants) |
| 💱 Monnaie | Yen japonais (JPY) |
| 🕐 Fuseau horaire | UTC+9 |
| 🛂 Visa | Non requis pour les ressortissants de nombreux pays pour des séjours inférieurs à 90 jours (vérifier selon nationalité) |
| 📞 Indicatif | +81 |
| 🔌 Électricité | 100V, prises de type A et B |
| 🚰 Eau potable | Oui |
Top activités et visites
Points d’intérêt
- Randonnée autour du cratère du mont Mihara
- Exploration du désert noir (Ura-Sabaku)
- Détente aux sources thermales de Motomachi Hamanoyu
- Bains thermaux du Gojinka Onsen
- Plongée sous-marine et snorkeling
- Observation des camélias en floraison
- Tour de l’île à vélo
Randonnée autour du cratère du mont Mihara
Le mont Mihara culmine à 758 mètres et constitue le cœur volcanique de l’île. La randonnée qui fait le tour complet du cratère dure environ 3h30 et offre des panoramas spectaculaires sur la caldeira fumante, les coulées de lave et, par temps dégagé, une vue remarquable sur le mont Fuji. La dernière grande éruption remonte à 1986, et le volcan reste sous surveillance permanente. Le sentier est bien balisé et accessible aux marcheurs d’un niveau intermédiaire.
Exploration du désert noir (Ura-Sabaku)
L’Ura-Sabaku est un paysage de cendres et de lave solidifiée qui s’étend autour du mont Mihara, offrant une atmosphère quasi extraterrestre. Ce désert volcanique noir tranche radicalement avec la végétation luxuriante du reste de l’île. On s’y promène librement, appareil photo en main, pour saisir des contrastes saisissants entre le noir de la roche et le bleu du ciel. C’est l’un des sites les plus photographiés et les plus singuliers du Japon.
Détente aux sources thermales de Motomachi Hamanoyu
Le Motomachi Hamanoyu est un onsen en plein air situé en bord de mer, l’un des plus emblématiques de l’île. Après une journée de randonnée, plonger dans ces bains chauds naturels face à l’océan est une expérience inoubliable. L’eau, riche en minéraux, est réputée pour ses vertus apaisantes. L’accès est simple depuis le port de Motomachi et les tarifs restent très accessibles.
Bains thermaux du Gojinka Onsen
Le Gojinka Onsen est une autre source thermale incontournable de l’île, appréciée pour son cadre naturel préservé. Moins fréquenté que les bains de Motomachi, il offre une atmosphère plus intime. L’eau volcanique y est particulièrement chaude et minéralisée. Idéal pour une pause régénératrice en milieu de journée.
Plongée sous-marine et snorkeling
Les eaux autour d’Izu Oshima sont réputées pour leur clarté exceptionnelle et leur richesse en biodiversité marine. Les fonds volcaniques créent des reliefs sous-marins spectaculaires, peuplés de poissons tropicaux, de coraux et parfois de tortues marines. Plusieurs clubs de plongée locaux proposent des sorties encadrées pour tous les niveaux, du débutant au plongeur confirmé. La saison idéale s’étend de mai à octobre.
Observation des camélias en floraison
Izu Oshima est surnommée l’île des camélias : elle en compte plus de 800 000 plants, ce qui en fait l’une des plus grandes concentrations au monde. De janvier à début avril, l’île se couvre de fleurs rouge vif, formant des tapis colorés sous les forêts. Le musée du camélia (Tsubaki-en) et les sentiers balisés permettent de profiter pleinement de ce spectacle naturel unique au Japon.
Tour de l’île à vélo
Faire le tour d’Izu Oshima à vélo est l’une des façons les plus populaires et les plus agréables d’explorer l’île. Le circuit complet d’environ 50 km longe les côtes, traverse des villages de pêcheurs, passe devant des plages de sable noir et offre des vues imprenables sur l’océan. Des vélos sont disponibles à la location près du port de Motomachi. Une journée suffit pour les cyclistes aguerris ; les autres peuvent en faire une portion.
Comment s’y rendre
Avion
Des vols réguliers relient l’aéroport de Chofu (à l’ouest de Tokyo) à l’île d’Izu Oshima en seulement 25 à 30 minutes. C’est l’option la plus rapide, idéale si vous avez peu de temps. La compagnie New Central Airservice assure ces liaisons. Les billets sont à réserver à l’avance, surtout en haute saison.
Train
Il n’existe pas de liaison ferroviaire directe vers l’île, qui est accessible uniquement par voie maritime ou aérienne. Pour rejoindre le terminal de Takeshiba à Tokyo (point de départ des ferries), prenez la ligne Yamanote jusqu’à Hamamatsucho, puis marchez une dizaine de minutes.
Voiture
Il est possible de prendre son véhicule à bord du ferry (supplément tarifaire). Sur l’île, la route côtière est praticable en voiture, mais la location d’un véhicule sur place (voiture ou scooter) est également disponible près du port de Motomachi.
Transports locaux
Sur l’île, les bus locaux desservent les principaux sites, mais les horaires sont limités. La location de vélos est fortement recommandée pour les déplacements autonomes. Des taxis sont disponibles mais restent onéreux pour les longues distances.
Conseils pratiques
Le ferry rapide (environ 2 heures) depuis le terminal de Takeshiba est la solution la plus pratique et la plus économique. Les ferries classiques (5 à 7 heures) sont moins chers mais plus longs ; ils sont souvent pris de nuit pour optimiser le séjour. Réservez vos billets de ferry à l’avance, surtout les week-ends et jours fériés japonais (Golden Week en mai, Obon en août). Vérifiez toujours les conditions météorologiques et l’état d’alerte volcanique avant de partir.
Carte interactive
Où dormir ?
L’offre d’hébergement à Izu Oshima reste modeste mais variée, allant du ryokan traditionnel aux petits hôtels de bord de mer. Les deux zones principales pour séjourner sont le quartier de Motomachi, autour du port principal, et la zone plus calme de Habu Port.
Motomachi
Quartier central de l’île, Motomachi concentre la majorité des hébergements, des restaurants et des commerces. C’est le point de départ idéal pour explorer l’île à pied ou à vélo. On y trouve des ryokans traditionnels, de petits hôtels et des minshuku (chambres chez l’habitant). Les prix varient de moins de 10 000 JPY à plus de 20 000 JPY la nuit selon le standing.
Habu Port
Situé dans la partie sud de l’île, Habu Port est une zone plus tranquille et préservée, idéale pour ceux qui recherchent le calme et la nature. Les hébergements y sont moins nombreux mais souvent plus intimes, avec de belles vues sur la mer. Les prix sont comparables à ceux de Motomachi. Prévoir un vélo ou un scooter pour se déplacer facilement.
Histoire et anecdotes : une île marquée par le feu
L’île d’Izu Oshima est habitée depuis des millénaires, et son histoire est indissociable de celle de son volcan. Le mont Mihara a connu de nombreuses éruptions au fil des siècles, la plus dévastatrice et la plus récente remontant à 1986 : elle avait alors contraint l’évacuation totale des 10 000 habitants de l’île pendant plusieurs semaines. Les coulées de lave qui avaient recouvert une partie du territoire sont aujourd’hui visibles et constituent l’une des curiosités géologiques les plus impressionnantes du Japon.
L’île a également été utilisée comme lieu d’exil sous l’ère Edo (1603-1868). Des personnages politiques ou des artistes en disgrâce y étaient envoyés, loin de la capitale. Cette réputation d’île isolée lui a conféré une aura particulière dans l’imaginaire japonais.
Plus anecdotique mais tristement célèbre : dans les années 1930, le mont Mihara était connu comme un lieu de suicides romantiques, après qu’une jeune femme s’y fut jetée en 1933. Des centaines de personnes l’imitèrent, jusqu’à ce que les autorités érigent des barrières et renforcent la surveillance du site. Aujourd’hui, le cratère est accessible dans un cadre sécurisé et balisé.
Environs et attractions voisines : les îles Izu et la côte de Tokyo
Izu Oshima n’est que la première d’un chapelet d’îles volcaniques qui s’étire vers le sud, formant l’archipel des îles Izu. Chacune possède son caractère propre :
- Niijima : réputée pour ses vagues et son surf, très prisée des jeunes Tokyoïtes
- Shikinejima : petite île tranquille avec des sources thermales en bord de mer
- Miyakejima : autre île volcanique active, connue pour ses oiseaux et ses plongées
- Hachijojima : la plus éloignée, avec une végétation tropicale et un microclimat doux
Sur le continent, la péninsule d’Izu (préfecture de Shizuoka) est accessible en train depuis Tokyo en moins de deux heures. Elle regorge de stations thermales réputées comme Atami ou Ito, de forêts de bambous et de plages sauvages. C’est une destination complémentaire idéale pour prolonger un voyage dans la région volcanique de la baie de Tokyo.
Mon avis sur l’île d’Izu Oshima
Dès mon arrivée sur l’île d’Izu Oshima, j’ai été envoûté par l’atmosphère tranquille qui y règne. En survolant le paysage, j’ai aperçu les forêts denses et le bleu éclatant de l’océan qui entouraient cette île volcanique. L’odeur fraîche de la mer mêlée aux senteurs boisées des arbres m’a immédiatement mis dans un état de détente. Je me suis dirigé vers les plages pour admirer le coucher de soleil, peignant le ciel de couleurs chaudes, un moment magique que je n’oublierai pas de sitôt.
Ce que j’ai adoré, ce sont les célèbres onsen où l’on peut se baigner dans des eaux thermales après une journée d’exploration. La sensation de l’eau chaude sur ma peau était un vrai régal, surtout après avoir fait une randonnée autour des sentiers volcaniques. J’ai aussi particulièrement aimé explorer les spots de snorkeling, où j’ai eu la chance d’observer des poissons tropicaux colorés. En revanche, je te conseille de bien vérifier les horaires des ferries, car ils peuvent être un peu capricieux selon la météo. Pense également à apporter de bonnes chaussures de randonnée, car certains sentiers peuvent être un peu escarpés.
Je recommande de visiter Izu Oshima au printemps, lorsque les cerisiers en fleurs ajoutent une touche de magie au paysage. C’est une destination idéale pour ceux qui recherchent une évasion de la frénésie de Tokyo, qu’ils soient amoureux de la nature, férus de sport nautique ou simplement en quête de détente. Mon dernier conseil : prend le temps de te perdre dans ses forêts et sur ses plages désertes, car c’est là que tu découvriras la vraie beauté de l’île.
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Izu Oshima est une de ces destinations qui changent durablement la perception que l’on a du Japon. Loin des foules de Kyoto ou des néons de Shinjuku, cette île volcanique révèle un archipel brut, authentique et d’une beauté sauvage rarement égalée. Randonnée au bord d’un cratère actif, bains thermaux face à l’océan, désert de lave noire, floraison de camélias : chaque expérience y est intense et mémorable. Et tout cela à deux heures de Tokyo. Pour quiconque souhaite s’échapper de la capitale japonaise sans s’éloigner trop longtemps, Izu Oshima est tout simplement la meilleure option possible.











